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Dossier VASP9 min de lecture

Répartition des charges VASP : mode d'emploi

La formule du classeur officiel 2026, où lire chaque valeur, et le contrôle qui recale le plus de dossiers.

Ton fourgon pèse 3 492 kg pour 3 500 admissibles. Tu es dans les clous, donc le dossier passe. Sauf que l'essieu arrière encaisse 2 033 kg pour 2 000 autorisés : recalé.

C'est le scénario que le tableau de répartition des charges existe pour éviter, et c'est aussi celui qui bloque le plus de dossiers. (Si tu cherches d'abord à savoir ce qu'est un VASP et quand l'homologation devient obligatoire, commence par là.) La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a qu'une seule formule à comprendre. La mauvaise, c'est qu'elle repose sur des valeurs qu'on ne trouve pas là où on les cherche.

Ce que le tableau est devenu en 2026

Ce n'est plus un tableau papier à remplir à la main. C'est un classeur Excel officiel, verrouillé, commun à toutes les catégories de véhicules, qui applique le règlement UE 2021/535. Pour un fourgon aménagé, c'est la feuille « Cat M1 » qu'il faut utiliser, et le classeur est la pièce 11 du dossier.

Il est verrouillé pour une raison : ses formules sont la référence. La DREAL n'attend pas ton calcul, elle attend son calcul, alimenté par tes valeurs. Ne le reconstruis donc pas dans ton tableur, et vérifie la date de version de ton exemplaire : plusieurs versions circulent encore en ligne, y compris sur des pages de DREAL. Une version antérieure décale les lignes et n'a ni la ligne de masse batterie, ni la ligne « PTAC calcul » — remplie avec les bonnes valeurs, elle produit quand même un résultat faux.

La formule, en une ligne

Toute la répartition tient dans un bras de levier. Pour une masse posée à une distance d de l'essieu avant, sur un véhicule d'empattement E :

part sur l'essieu avant   = masse × (E − d) / E
part sur l'essieu arrière = masse − part sur l'essieu avant

La distance se mesure du centre de l'élément à l'axe de l'essieu avant. Un meuble posé pile au-dessus de l'essieu avant (d = 0) charge intégralement l'avant ; posé au niveau de l'essieu arrière (d = E), il charge intégralement l'arrière.

Cette physique n'a pas changé en 2026 : c'est la même méthode des moments qu'avant. Ce qui a changé, c'est le support et le détail des entrées.

Fourgon aménagé vu de profil, porte latérale ouverte, dans un paysage désertique
De profil, le calcul devient lisible : tout se joue entre l'axe de l'essieu avant et celui de l'essieu arrière — et ce qui dépasse derrière déleste l'avant.Photo Leo Visions / Unsplash

Le cas qui surprend : le porte-à-faux arrière

Si un élément est situé au-delà de l'essieu arrière — un porte-vélos, un coffre de hayon — alors d est supérieur à E, et le terme (E − d) devient négatif. La part avant est négative.

Ce n'est pas un bug : c'est la réalité physique. Un porte-vélos ne se contente pas de charger l'arrière, il déleste l'avant — donc la direction et le freinage.

Où lire chaque valeur

C'est ici que la plupart des gens perdent du temps, parce que le document réflexe — la carte grise — ne porte presque rien de ce qu'il faut.

Valeur Où la lire
MMTA (masse maxi techniquement admissible) COC, ligne 16.1
Masses maxi par essieu COC, ligne 16.2 (parfois 16.2.1 et 16.2.2)
Empattement COC, ligne 4.1, en millimètres
Charge maxi au point d'attelage COC, ligne 19
Masse supplémentaire propulsion alternative COC, ligne 13.3
PTAC Carte grise, case F.2
Poids à vide par essieu Bulletins de pesée

Retiens surtout ceci : la carte grise ne porte ni la MMTA (16.1) ni les masses par essieu (16.2). Elles ne figurent que sur le certificat de conformité. Si tu ne l'as pas, c'est la première chose à récupérer — voir notre article sur la notice descriptive du véhicule de base.

À défaut de COC pour l'empattement, tu peux le mesurer : du centre de la roue avant au centre de la roue arrière, véhicule sur sol plat, des deux côtés — les deux mesures doivent concorder.

Bloc du classeur officiel : MMTA par essieu et détermination de l'empattement théorique
Le classeur nomme lui-même ses sources : MMTA par essieu en COC 16.2, empattement en COC 4.1. Ici 1 850 et 2 100 kg, pour un empattement théorique de 3,68 m.Capture du classeur officiel — Licence Ouverte 2.0 (Etalab)

Le piège n°1 : « je suis sous mon PTAC, donc c'est bon »

C'est faux, et c'est le contrôle qui échoue le plus souvent.

Chaque essieu a sa propre limite, et la somme des deux masses maxi par essieu dépasse toujours le PTAC. Ce n'est pas une erreur du document : c'est normal, on ne peut simplement pas charger les deux essieux au maximum en même temps.

Conséquence : un fourgon peut rester sagement sous son PTAC tout en écrasant son essieu arrière. C'est exactement l'aménagement classique — cuisine, réservoir d'eau et soute à l'arrière. Sans les deux valeurs du repère 16.2, ce contrôle est littéralement impossible à faire.

Corollaire utile : si tu additionnes tes deux valeurs 16.2 et que le total est inférieur à ton PTAC, une des trois valeurs est fausse. C'est impossible autrement.

Le poids à vide n'est pas celui de la bascule

Deuxième subtilité, et elle en piège beaucoup. Le classeur ne prend pas ton poids pesé tel quel : il le corrige vers un état de référence.

Pour chaque réservoir, il calcule une « masse manquante » :

masse manquante = (taux de référence − taux à la pesée) × volume × densité

Les densités et les taux de référence sont figés dans le classeur : carburant (densité 0,84, référence 0,90), GPL (0,51 / 0,90), additif type AdBlue (1,09 / 1,00), eau potable et récipient de gaz (1 / 1,00).

Deux choses en découlent.

Le taux de remplissage ne se lit sur aucun document. Il se note, le jour de la pesée. Relève la jauge de carburant et le niveau de tes réservoirs d'eau au moment où le véhicule monte sur la bascule. Si tu ne le fais pas, tu ne pourras que le deviner plus tard.

Peser avec un réservoir vide sans le déclarer, c'est s'inventer de la charge utile. Le classeur rajoute le liquide manquant à ton poids à vide : un réservoir d'eau de 100 litres non déclaré, ce sont 100 kg de marge qui n'existent pas.

Le plus simple reste de peser réservoirs pleins : tu saisis alors 1 partout, et il n'y a plus rien à corriger. Cet arbitrage a un autre mérite : les documents officiels ne sont pas parfaitement alignés entre eux sur le taux attendu, et peser plein satisfait toutes les rédactions.

La pesée elle-même a son formalisme : balance à métrologie légale, véhicule à l'horizontale, personne à bord, et trois tickets — essieu avant seul, véhicule entier, essieu arrière seul. La somme des deux essieux doit égaler le poids total.

Remplir le tableau sans se tromper

Une fois les entrées saisies, le classeur calcule ta charge utile disponible, puis te demande de la répartir entre tes éléments d'aménagement, ligne par ligne : une distance, une masse.

Deux repères à connaître dans le fichier :

  • La ligne 77 donne le total de la charge utile à répartir. Attention, cette valeur diffère d'une colonne à l'autre selon le scénario de chargement.
  • La ligne 78 est un compteur : « … kg restant à répartir ». Il doit finir à 0. C'est ton contrôle de complétude, et il a remplacé l'ancienne contrainte « somme des poids = PTAC » du formulaire papier.

L'erreur à ne pas commettre : confondre litres et kilos. Un guide concurrent a diffusé une méthode consistant à reporter le volume des coffres dans le tableau. Un lecteur l'a relevé : 1 000 litres de coffres n'ont jamais fait 1 000 kg. La charge utile se répartit entre tes rangements, elle ne s'additionne pas à partir de leurs volumes.

Plan coté généré : vue de dessus de l'aménagement avec les axes d'essieu, et tableau de répartition élément par élément
Le plan généré reprend chaque élément avec sa distance à l'essieu avant, sa masse, et la part qu'il fait peser sur chaque essieu. Les traits rouge et bleu marquent les axes d'essieu.Capture du plan coté généré par Dossier VASP

Ce que nous ne pouvons pas te dire

Par honnêteté, quelques questions fréquentes n'ont pas de réponse dans les sources officielles que nous avons pu consulter.

Il n'existe aucune tolérance de pesée documentée — ni en kilos, ni en pourcentage — ni d'arrondi officiel, ni de marge de sécurité recommandée sous les limites d'essieu. Nous ne savons pas non plus comment la DREAL vérifie concrètement le classeur. Et aucune règle ne porte sur la répartition latérale gauche/droite : le calcul ne dépend que de la distance longitudinale et de la masse.

Enfin, un risque qu'aucun outil ne peut couvrir : une valeur plausible mais fausse. Un empattement saisi à 3,20 m au lieu de 3,68 reste dans une plage crédible, ne déclenche aucune alerte, et fausse pourtant toute la répartition — puisqu'il en est le dénominateur. Relis tes trois valeurs COC avant tout le reste.

Pour aller plus loin

Les deux autres pièces qu'il vaut mieux ne pas découvrir en fin de parcours : la notice descriptive du véhicule de base, qui porte les valeurs 16.1 et 16.2 dont dépend tout ce calcul, et la plaque de transformation, qui reprend le PTAC et les masses par essieu que tu viens de déterminer.

Génère ton dossier VASP 2026, avec le calcul de répartition des charges rempli automatiquement : tu saisis tes valeurs, le classeur officiel te revient pré-rempli, formules et mise en page d'origine intactes.

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